Ecologie & detection

Detection et Fibulanophilie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par john   
05-07-2007
Detection et Fibulanophilie

Par Serge Beninati

sergeid Lorsque je n’étais  qu’un frêle jouvenceau et que se mettaient à dos les sens, en ces temps où la confusion des sentiments envers la gent féminine me tiraillait de toute part, je n’avais qu’un réel souci, ô combien légitime, celui de mon image.

Chaque nuit, je priai les Dieux  pour qu’ils me préservent  de cette disgrâce purulente, qui se faisait génitrice de tant de railleries immondes, mais pleines de camaraderie dés le lendemain.

A peine me levai-je que je courais inquiet au-devant de mon miroir, pour détecter la présence d’un éventuel bouton, signe d’une journée qui s’annonçait très mal….

Aujourd’hui, presque 30 années plus tard, à la veille de chaque sortie pastorale, accompagné de ma fidèle machine, je prie encore les Dieux pour qu’ils me permettent de détecter, cette fois, un de ces merveilleux objets, appelé « Bouton » et qui non seulement est le témoin incontestable de la présence humaine passée, mais aussi la preuve qu’à ce jour, ma « boutonnesque » phobie d’antan s’est transformée en une folie bien plus douce, la fibulanophilie.

Et oui, je suis un fibulanophile, ce qui revient à dire que je collectionne les boutons.

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Je pense que tout détectoriste  a dû en trouver au moins un, lors de ses expéditions champêtres, que ce soit celui d’un uniforme ou alors un simple bouton métallique, qui  même dans sa plus ténue simplicité aura une histoire.

 

Je ne parle pas des raisons de sa chute au sol, même si l’anecdote pourrait être intéressante, voire croustillante, mais plus  simplement des origines de cet ustensile qui sont bien lointaines, vu qu’elles remontent jusqu’à nos cousins préhistoriques, qui s’en servaient déjà pour attacher leur doudoune polaire en poils de mammouth tressés.

Et oui, nous n’avons rien inventé, mais par contre, on a amélioré ce petit détail vestimentaire au fil du temps.

 

En fait, à ses débuts, le bouton n’avait qu’un rôle utilitaire et était bien souvent de grosse taille, n’offrant que très rarement un bel aspect. C’est au fur et à mesure que les vêtements se rétrécissaient en épousant plus parfaitement les courbes du corps que le bouton est entré dans ses années de noblesse.

Ce sont, parait-il, les croisés qui ramenèrent de leurs campagnes la boutonnière, et dés cet instant, la mode évoluant, le bouton a suivi son ascension, sonnant le glas pour feu la fibule.

Les hommes, par exigence de style, étaient plus boutonnés que les femmes, accoutumées aux larges robes. A la Renaissance par exemple, le bon goût était aux pourpoints et aux hauts-de-chausses que l’on décorait de beaux et magnifiques boutons par dizaine.

Certains gilets de cette époque en étaient garnis d’une trentaine, Henri III en était tellement recouvert, qu’aujourd’hui il aurait pu en faire le négoce, en ouvrant sa mercerie.

Les  matériaux employés à leur confection étaient d’or ou d’argent  pour nobles et riches, n’hésitant pas à faire appel aux artistes qui oeuvraient sous la férule de corporation de boutonniers ayant vu le jour dés le XIIIe siècle.

Notre bon Roi Soleil était un fan de beau bouton, mais je doute que l’on puisse en trouver en détection qui puisse ressembler à ceux de sa garde-robe personnelle, car ce bon vieux Louis, amoureux de la beauté se les faisait recouvrir de diamants ou d’autres pierres précieuses.

Cependant, il a contribué à son essor et parallèlement à cette ardeur qu’il portait pour ce bel apparat, il en vint à protéger les fabricants de dentelle qui eux aussi réalisaient de beaux modèles finement brodés.

L’engouement pour le bouton était tel, que certains pays n’hésitaient pas à créer des lois pour protéger drapiers et passementiers, au gré des exigences politiques et commerciales, légiférant ainsi  sur les matériaux à utiliser.

Au XVIIIe, le bouton eut vraiment de très grands moments d’existence, et c’est ce siècle qui vit son apogée.

Les boutonniers confectionnaient à tout vent avec différentes matières telles que le verre, la porcelaine, l’émail, le laiton, l’étain, le cuivre, bref tout était bon pour la création.

Arrive alors la révolution industrielle et le bouton se fabrique par millier, grâce à la nouvelle technique de l’étampe.

Mais, c’est aussi là, la raison de son déclin. La fabrication de masse entraîna exportation et importation, et tous subirent les affres de la concurrence étrangère (vous voyez que rien n’a changé).

A la fin de la première guerre mondiale, le bouton entre dans son age dit « moderne » par les collectionneurs et il est depuis ce jour, ce qu’il est aujourd’hui.

 

Pour ma part, j’ai une préférence pour les vieux boutons qui décoraient les uniformes militaires ou civils, nous renseignant ainsi sur le grade ou la fonction du préposé, certains permettant même de connaître les salaires en fonction de leur couleur.

Ces boutons ont aussi évolué dans leur principe de confection ; avant 1830 ils étaient fait d’un tenant, la queue étant moulée en même temps que le corps avec de l’or ou de l’argent pour les hauts gradés et avec le plomb ou l’étain pour le reste des troupes et des subalternes, bien entendu. Ensuite, ils étaient faits de deux parties, la face toujours renseignant sur le régiment ou l’institution, et l’arrière sur le fabricant. La queue y était alors soudée et formait bien souvent deux U entrecroisés en angle droit.

 

Certaines de mes trouvailles « boutonneuses » et martiales ont sur leur face, un nombre entouré par un cor de chasse, il s’agit là du numéro d’un régiment, ou alors une grenade ciselée, ou une belle ancre couronnée, mais malgré tous ces détails utiles pour l’identification, il suffira de faire des recherches sur cette unité représentée ; y apporter une datation exacte est très ardue, surtout si de sa figure rien ne parait.

La queue, alors, peut être d’un petit secours, mais il faut être convaincu tant le système des attaches est recopié à travers le temps.

A mon avis, plus la queue est fine et fragile dans son attache, plus l’objet a de la chance d’être ancien.

Personnellement une date approximative me suffit, car ce que j’aime le plus sur le bouton, c’est imaginer son histoire anecdotique, et si son identification s’avérait impossible, il n’en resterait pas moins  le témoignage de notre passé.

 

Serge beninati

30 mai 2007

Dernière mise à jour : ( 01-02-2008 )
 
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