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Détection à Vanikoro : sur les traces des naufragés des navires de la Pérouse  Invité par Alain Conan Président de l'Association Salomon et par l'archéologue Jean-Christophe Galipaud, j'ai eu la chance de participer à la dernière expédition sur Vanikoro en octobre 2008. Vanikoro est une île située dans le Pacifique par 11°39'S /166°52'E. En 1788, les 2 navires l'Astrolabe et la Boussole commandés par Jean-François Galaup de La Pérouse sombrent sur les récifs sur la côte Ouest de Vanikoro. A bord se trouvaient environ 200 hommes, savants, marins. Les dernières expéditions de l'Association Salomon ont localisé un emplacement à terre au village de Paiou, ou aurait vécu les 2 derniers survivants. Ceux-ci seraient restés une trentaine d'années dans l'ile. Mais que sont devenus les autres naufragés ??? C'est l'énigme que nous avons tentée de résoudre à terre avec une petite équipe bardée de détecteurs, magnétomètre et de radar de sol. Par Papy, intervenant sur le site de l'AMP Suite au reportage diffusé sur France 3 " Le secret de Vanikoro", Papy qui faisait parti de l'équipage revient sur cette formidable aventure.
Les conditions de recherche sont extrêmes. Le climat est tropical, chaud et humide. Il pleut pratiquement tous les jours. La détection n'est pas facile. L'île s'enfonce tout doucement sous les flots, ce qui fait que la couche archéologique est maintenant à 50cm voir 1m sous le niveau actuel. A une telle profondeur, il est difficile de détecter les objets de petite taille. Pire, l'île est volcanique, et de ces roches se dégage la magnétite qui perturbe le fonctionnement des appareils de détection, une vraie plaie !! Enfin, cerise sur le gâteau, les innombrables morceaux de ferraille laissés par l'ancienne exploitation forestière, la Kaori Timber Company qui est restée ici une quarantaine d'années.Que cherchons nous au juste ? Un message, une tombe, un cairn, un gros objet, une assiette, une plaque de plomb ou les naufragés auraient gravé quelque chose comme des noms ou leur histoire, leur projet. On parle aussi d'un gros canon de plus de 800kg qui serait enfoui quelque part et qui pourrait contenir un message dans sa gueule bouchée au plomb. Il y a aussi l'histoire d'un navire de secours construit par les naufragés. Certains disent qu'il aurait quitté Vanikoro. D'autre disent que le navire aurait été attaqué par les indigènes au moment du départ ? Y aurait-il des vestiges dans la mer comme des lests de fonte qui accréditerait cette thèse? La maison du docteur de la KTC et le fantôme du trésor de Monsieur de La Pérouse On aurait trouvé à cet endroit un lot important de pièces de monnaie datant du naufrage, une partie du trésor de La Pérouse ? Il y a peut-être d'autres objets ? Mais avant, il faut d'abord défricher. Les gars du village nous donne un sacré coup de main. Je passe mon détecteur (Un Deepers MF), et je ne trouve rien que des morceaux de ferraille. Nous travaillons tous sans relâche avec nos engins sur plusieurs hectares. Le débroussaillage prend énormément de temps, les jeunes volontaires du RIMAP donnent également la main et font un travail formidable. Mais rien, nous ne trouvons rien. Il n'y a peut-être plus rien à trouver; ou alors nous ne sommes pas au bon endroit, ou alors la couche archéologique est trop profonde. Nous sommes perplexes. 
'Embouchure de la rivière Laurence: la recherche du canon ou des restes du navire de secours Je profite des marées basses pour explorer l'embouchure. Le navire qui aurait été construit un peu plus haut dans la rivière par les naufragés serait passé par-là. A l'embouchure, les fonds remontent comme pour toute rivière. Je pense que pour passer à cet endroit, le bateau de secours devait être poussé à la main à marée haute. Une situation favorable pour une attaque indigène… J'ai muni mon Deepers de ma tête préférée, l'elliptique de 25x53 cm, la meilleure qui associe les qualités d'une tête cylindrique de diamètre 25cm et d'une tête de diamètre 53cm. Avec une telle tête,je suis capable de détecter un canon à 2 m, voir même 2.5m ou 3m (Je détecte un objet de la taille d'une canette de soda à 70/75 cm, alors vous pensez, un canon !!).. Mon détecteur trouve plusieurs échos. Je sonde avec une tige métallique. Les cibles se trouvent a exactement 55 cm sous le sable : Lests de fonte ou gros morceaux de ferraille ? Impossible de le savoir, l'eau et le sable rebouche immédiatement tout terrassement. Je suis horriblement frustré. Il nous aurait fallu un "blaster" (sorte de ventilateur à eau propulsée par un moteur marin) pour dégager le tout rapidement. 
"C'est un monstre, un monument historique !! " s'écrié l'Amiral François Bellec" Alain Conan me demande alors de venir avec lui sur le récif avec mon Deepers MF pour explorer une des vasques situées à 100 m de l'épave de La Boussole. Les vagues font bouger constamment la tête de mon détecteur. Celui-ci est réglé au maximum de sa puissance. Au bout de quelque minute je ressens un fort signal qui me laisse penser qu'il y a quelque chose d'assez gros dessous, mais quoi ? 
Le travail est harassant. Christophe et Fofo s'épuisent la tête sous l'eau avec la barre à mine. Les jurons et les noms d'oiseaux fusent continuellement. Fofo plonge à nouveau et arrive à passer sa main tout autour de l'objet "C'est un plomb de sonde, je le sens" Au bout d'une demi-heure, ils sortent de l'eau un superbe plomb de sonde hexagonal pesant plus de 45 kg. Un monstre !! Nous sommes le 28 Septembre 2008. Il est 10h18. Le plomb est resté près de 220 ans dans l'eau jusqu'à ce que mon détecteur le trouve encastré dans un creux de corail caché sous le sable à plus de 70 cm sous la surface de l'eau. J'en ai les tripes qui se tordent par l'émotion et par la joie.  Sur le plomb est gravé XXXXXXXXXVI pour 96 livres. Ce plomb est une découverte archéologique d'une valeur inestimable, ma première belle trouvaille à Vanikoro. Les archéologues et les spécialistes n'en reviennent pas. "C'est un monstre, un monument historique !! " s'écrie l'Amiral François Bellec" Ce plomb servait pour sonder les profondeurs abyssales. Il devait y en avoir 2 sur la Boussole. Ils étaient sûrement associés à des machines spéciales, car les laisser descendre et les remonter à la seule force des mains étaient impossible. La force de la tempête à jeté le tout à plus de 80 m de l'épave sur le récif et la position du plomb et celle de l'épave de la Boussole nous donne une indication sur la direction du vent au moment du naufrage. Je pense aux naufragés. Ils ont du vivre des moments terribles !! Mais hélas ce plomb ne nous donne aucune indication sur ce qu'ils sont devenus. 
Détection au site sacré de Paucori Ce village se trouve au Nord de Paiou à une dizaine de km. Avec JCG, nous nous rendons sur un site sacré indiqué par les indigènes. Situé sur les hauteurs, il se compose d'un amoncellement de très grosses pierres. Comme toujours, il faut d'abord dégager la végétation pour passer les détecteurs. Nous nous y mettons tous à grand coups de machettes. Les fourmis électriques nous tombent dans le cou et nous brûlent horriblement. Une fois le site dégagé, nous constatons que celui-ci se révèle être un excellent poste d'observation pour des naufragés qui ont une vue dégagée sur 180°. Les pierres de ce qui reste de l'édifice s'ajustent assez précisément et JCG pense que des Européens sont effectivement passés par-là. Ce pouvait être un fortin. Je passe mon détecteur. Je commence par le sommet et cherche tout autour en descendant. Je reviens au sommet, le terrain est très minéralisé. J'essaye plusieurs têtes. Enfin, un écho, et je dégage un morceau de fer de forme allongé complètement rouillé. Impossible de dire ce que c'est, probablement un outil, un indice du passage des naufragés car c'est sur, ce n'est pas la KTC. La compagnie forestière n'est jamais venue ici !! 

Le dernier jour, la dernière heure… Jean-Christophe et moi, nous nous rendons à Lalé, un village situé en contre bas du site sacré. Les indigènes nous conduisent à l'emplacement de l'ancien village aujourd'hui déserté. Jean-Christophe me dit " Nous restons ici une heure, tu as donc une heure pour me trouver quelque chose...". Je flippe un peu et j'ai intérêt à trouver. Nous passons radar de sol et détecteur. Après plusieurs faux échos, mon détecteur trouve finalement un bon écho et nous trouvons à 20/25 cm un morceau de plomb fondu très vilain. En France, on le mettrait immédiatement à la poubelle, mais pour moi, c'est ma plus belle trouvaille car après analyse, il s'avère que sa composition chimique est identique à celle des plombs des épaves. Ce qui veut dire que les naufragés sont passés par-là et qu'ils ont établi un campement. C'est incroyable, merveilleux, nous avons enfin retrouvé la trace des naufragés, le dernier jour, la dernière heure!! Ils ont établi un campement ici à cet endroit. Ce vilain morceau de plomb fondu en est la preuve, car à cette époque, seuls les Européens savaient que le plomb pouvait être fondu pour des usages bien spécifiques comme la fabrication des balles de mousquets par exemple. Hélas, il nous faudra attendre la prochaine expédition pour poursuivre notre quête et tenter de découvrir ce que sont devenus les derniers survivants. 
Nous avons suivi bien d'autres pistes comme celle illustrée par cette dernière photo. Ici, nous avons marché 8 heures dans la mangrove pour rechercher un village oublié ou seraient passés les naufragés. On ne circule dans ces zones qu'à marée basse pour éviter les racines qui sont autant de pièges indiscernables à marée haute et je ne parle pas des crocodiles qui rodent… La détection à Vanikoro n'est pas toujours une partie de plaisir. Combien d'heures avons nous passé à patauger dans la boue pour aller d'un endroit à un autre…pour ne rien trouver !! Parfois, nous ne sortions même pas le détecteur... 
Pourtant, c'est une aventure formidable. C'est pourquoi, je ne remercierai jamais assez les passionnés qui m'ont permis de vivre cette belle aventure comme, Alain Conan, Jean-Christophe Galipaud, et tous les autres, sans oublier la société Deepers sans qui je n'aurai jamais fait ces trouvailles. Papy PS : Retrouvez la suite de l'intervention de Papy sur le forum de l'AMP, rubrique "Beachcombing dans le monde" |